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IKER UMR 5478
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Correspondance en basque du bateau Le Dauphin, 1757

Le projet présenté devant la MSH d’Aquitaine a pour raison première, après la découverte heureuse de documents originaux à Londres, la constitution d’un corpus (rare en langue basque) de correspondance privée du 18ème siècle, sa transcription, sa traduction et son annotation pour une recherche originale du point de vue historique et linguistique (au sens large) du corpus. La découverte d’autres lettres, en breton, gaëlique, occitan, est attendue.

Manuscrit du 18ème siècle

 Description du projet

Les lettres proviennent du bateau Le Dauphin ayant quitté Bayonne en avril 1757 pour Louisbourg Ile Royale (actuellement Cap-Breton) au Canada. Le bateau transportait deux cents lettres dont bon nombre en langue basque, 50 environ, adressées aux nombreux Basques vivant à Louisbourg. Cette correspondance a été découverte aux Archives Nationales à Londres (High Court Admiralty).

Le projet Le Dauphin veut croiser l’intérêt intrinsèque d’une découverte imprévue de manuscrits originaux de grande valeur qui sont un apport très important à la production écrite basque du 18ème siècle et d’autre part, en particulier pour l’histoire et la linguistique, le développement de la recherche scientifique en général qui fait de la construction de corpus richement outillés la condition d’un traitement satisfaisant et détaillé des données en sciences humaines et sociales. . L’annotation choisie sera celle, recommandée par diverses instances au CNRS, du TEI et veillera à suivre les bonnes pratiques conseillées par les Très Grands Equipements du CNRS. L’archivage pérenne en sera assuré. Cette découverte fournit l’occasion de faire coopérer les chercheurs historiens et linguistes de diverses régions d’Europe.

Le projet inclut, d’une part, la saisie, transcription, traduction en français/anglais, l’annotation et l’archivage au moyen d’une plateforme informatique, d’un corpus de lettres basques du 18ème siècle, tout en prévoyant la quête de documents semblables en d‘autres langues provenant d’autres bateaux dont la documentation a été localisée à Londres. D’autre part, l’ensemble des lettres en basque (et en français) du bateau Le Dauphin constitue une base de documents qui feront l’objet de thème spécifiques concernant dans un volet historique, l’histoire des idées, l’histoire des transports, et la nouvelle histoire atlantique, et dans un volet linguistique, l’histoire de la langue et la dialectologie, la sociolinguistique, la littérature.

Pour ce qui concerne l’histoire, les lettres permettront l’articulation entre la microhistoire autour du bateau Le Dauphin, son équipage, les destinataires des lettres et Louisbourg, et les questions plus générales dans lesquelles elle est enchâssée : Bayonne et la province du Labourd, la Bretagne, et l’Irlande, la vie sociale et économique, l’histoire atlantique et les relations avec le Canada, et plus généralement les relations entre la course et la pêche, la guerre et l’économie dans un cadre général d’un début de globalisation, les moyens techniques de transport, les financements de l’armement, une place privilégiée étant accordée aux gens de mer et à leur mentalité. Ces questions seront organisées autour de l’histoire des idées, de l’histoire des transports et de la nouvelle histoire atlantique.

Du point de vue linguistique, ces documents ont le gros avantage de fournir un Etat de Langue du dialecte labourdin (base du basque littéraire au 18ème siècle), et une source originale de données d’ordre dialectal, à comparer avec les autres données contemporaines connues pour un travail d’ordre philologique et d’édition critique. Le corpus permettra aussi une étude sociolinguistique sur le processus d’alphabétisation dans la situation diglossique du Pays Basque de l’époque, en examinant par quelles voies les normes de l’écrit étaient acquises, quel était l’état de grammatisation (constitution d’un outillage) de la langue, et à quelle organisation répondait la distribution de ces phénomènes au sein de la société basque (ou bretonne et irlandaise). Quant à l’étude littéraire, les lettres offrent un accès original à l’expression de l’intime et des réalités quotidiennes, sur la pratique du genre épistolaire en basque, en incluant des aspects tels que l’organisation discursive de la lettre et des formules épistolaires.

Le projet Le Dauphin est donc un projet multidisciplinaire, construit à partir d’un corpus écrit exceptionnel non seulement dans le contexte des études basques ou bretonnes, mais aussi dans le contexte français et européen. Le projet permet d’espérer être le germe de nouvelles découvertes historiques et linguistiques (outre celle de nouveaux documents).

Le projet repose sur le travail de spécialistes des domaines de langue basque, bretonne, gaëlique, française, regroupés dans le laboratoire IKER-UMR 5478 (CNRS/UBM/UPPA), le CRBC, Centre de Recherche Bretonne et Celtique (CNRS/Brest/Rennes), à l’Université du Pays basque et le laboratoire EUDIA, de Bordeaux 3, de Maynooth (Irlande) et du Canada (Ottawa et Laval), et le soutien d’un spécialiste de la documentation pour un corpus qui pourra s’intégrer après production des premières lettres dans de plus vastes projets européens en cours sur la correspondance atlantique (Sailing Letters) et intéresser la MSHA dans les années qui viennent par un élargissement du projet selon la méthodologie mise en route et qui pourra être remaniée.

 Porteurs

  • Xabier Lamikiz, Professeur d’histoire contemporaine, Université du Pays basque, Saint-Sébastien, ‘découvreur’ des documents à Londres, spécialiste d’histoire économique et de l’histoire atlantique au 18ème siècle.
  • Gwendal Denis, Professeur de langue et culture bretonnes, Université de Rennes 2, CRBC (EA 4451) recherche bretonne et celtique), spécialiste en dialectologie et ethnolinguistique en domaine maritime breton.
  • Jean-Philippe Talec, Ingénieur CNRS IKER UMR 5478 CNRS, spécialisé sur les supports informatisés de la documentation.
  • Aurélie Arcocha-Scarcia, Professeur UBM, IKER UMR 5478 CNRS, spécialiste de littérature basque et de la génétique des textes, dont ceux consacrés à la mer.
  • Charles Videgain, Professeur UPPA, IKER UMR 5478 CNRS, spécialiste de dialectologie en domaine basque dont l’Atlas linguistique.

Participent aussi au projet les enseignants chercheurs, Mme France Martineau (Université d’Ottawa), Mme Josette Pontet (Université Bordeaux Montaigne), Laurier Turgeon (Université Laval, Québec), Eamon O’ Ciosain (Université de Maynooth, Irlande), Hervé le Bihan (Université de Rennes membre du laboratoire AOROC UMR8546 CNRS-ENS et du CRBC ), Gotzon Aurrekoetxea (Université du Pays Basque Vitoria-Gasteiz ; directeur du laboratoire EUDIA), Ur Apalategi (Université de Pau et des Pays de l’Adour, IKER UMR 5478 CNRS) ; Thomas O’Connor (Université de Maynooth ; co-directeur du projet Irish in Europe Proyect), Ricardo Etxepare (IKER UMR 5478 CNRS), Ciaran O’Scea (Archives de Simancas) ; liste non fermée.

 Contact

 Numéro spécial 2 de Lapurdum consacré à la correspondance en langue basque de 1757

 Correspondance en ligne dans ANPERSANA

Mots-clés

texte (basque), Lapurdum, correspondance langue basque (18e siècle), histoire de Louisbourg (Canada), histoire de la Marine (Atlantique-Nord), langue basque 18e siècle (labourdin), anpersana