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La structure informationnelle, les quantifieurs et leur interaction : du basque à une étude comparative

La quantification dans les langues naturelles a constitué traditionnellement, un domaine de grand intérêt pour les sémanticiens, les logiciens, et les philosophes du langage, en raison principalement des propriétés mathématiques et logiques présentées par les quantifieurs.

Résumé du projet

L’approche logique de la quantification est aussi vieille que la logique elle-même. Ces études remontent au syllogisme d’Aristote il y a vingt-trois siècles, et ont surtout porté sur la signification et les propriétés inférentielles des quantifieurs. Si les études linguistiques sur ce thème commencèrent beaucoup plus tardivement, les questions portant sur la quantification ont occupé et continuent d’occuper un rôle crucial dans les recherches théoriques relatives aux langues naturelles. De fait, les travaux sur la nature compositionnelle et sur la signification des expressions quantifiées ont eu une grande importance pour la théorie générale de la syntaxe et de la sémantique des langues naturelles (cf. Montague 1973, Heim 1982, entre autres). La quantification peut être étudiée à partir de deux approches distinctes, mais étroitement associées : (i) une approche interne, concernant les quantifieurs eux-mêmes, leurs structure morphosyntaxique et leurs propriétés de base ; (ii) une approche externe, concernant les quantifieurs en contexte, c’est-à-dire à partir des relations syntaxiques et sémantiques entre les quantifieurs et le reste des phrases où ils sont employés.

Le présent projet, intitulé Structure informationnelle, quantifieurs et leurs interactions : du basque vers une étude comparative, privilégiera l’approche externe de la quantification. Il vise en particulier à observer le comportement des expressions quantifiées selon leur place dans la structure informationnelle de la phrase, comme par exemple lorsqu’elles apparaissent en position focale. Pour cette raison, pour comprendre leur comportement dans la perspective externe, il sera nécessaire au préalable d’observer, selon l’approche interne, leurs propriétés inhérentes et leur comportement de base.

Depuis deux décennies, diverses études comparatives ont été réalisées portant sur la structure des quantifieurs nominaux selon le point de vue interne (cf. Bach et al. 1995, Matthewson 2008, Keenan & Paperno à paraître), mais fort peu de travaux ont été effectués sur les expressions quantifiées nominales selon l’approche externe (cf. Szabolcsi 1997, Keenan & Paperno to appear ; cf. Huang 1982, Lee 1986, Aoun & Li 1989, 1993 pour le chinois ; Szabolcsi 1997, Szabolcsi & Brody 2003 pour le hongrois, Pafel 2005 pour l’allemand ; Etxeberria 2002 pour le basque). La présente recherche, en observant de façon comparative le comportement des quantifieurs nominaux de l’anglais, du basque, de l’espagnol, du français et du grec, apportera une contribution à la fois intéressante et significative à ces études. Par ailleurs, cette étude comparative permettra aux chercheurs de déterminer quelle analyse relative à la portée des quantifieurs, parmi celles existant actuellement, est en mesure de rendre compte des données concernant des phrases ayant deux quantifieurs ou plus, selon qu’il s’agit de phrases à contexte ouvert ou à structurelle informationnelle marquée. Nous obtiendrons ces données par la réalisation de tests, et en cas de difficultés, une analyse plus fine sera élaborée pour rendre compte des écarts observés.

Les syntacticiens, les sémanticiens, comme les spécialistes de morphologie devraient tirer bénéfice des résultats de cette recherche, ainsi d’ailleurs que des linguistes plus traditionnels spécialistes du basque, qui est, comme on le sait, une langue isolée. Ce projet permettra également de combler un vide dans les études typologiques en présentant de façon cohérente les propriétés fondamentales du système de quantification nominales de cinq langues : anglais, basque, espagnol, français et grec.

Participants du projet ISQI

Responsable
  • U. Etxeberria (IKER, CR CNRS)
Chercheurs collaborateurs
  • R. Etxepare (IKER, CR CNRS)
  • A. Giannakidou (Univ. of Chicago, PU)
  • A. Irurtzun (IKER, CR CNRS)
  • B. Laca (Univ. Paris 8, PU)
  • B. Oyharçabal (IKER, DR CNRS)
  • M. Uribe Etxeberria (UPV-EHU, PU)
  • G. Rebuschi (Univ. Sorbone-Nouvelle, Professeur émérite)

Contact

u.etxeberria@iker.cnrs.fr